Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Wahran31 et mon premier voyage imaginaire à Oran

Posted by on Mai 7, 2012

Wahran31 sur son blog

Wahran31 sur son blog

Wahran 31 vient de publier sur son forum encore jeune une liste de monuments à visiter à Oran.

Il a raison de commencer cette liste et de demander à chacun d’y rajouter son grain de sel.

Il attend des adresses de “Salons de Thé et Chicha”, de “Complexes touristiques”, de “Plages” et de “shopping”. Ça va venir.

En attendant, je vais faire comme Hubert Ripoll l’a fait avec certaines personnes interviewées, je vais m’imaginer en train d’atterrir à Oran pour y passer la journée.

Qu’aimerais-je aller voir ?

Je vais me mettre dans la situation où Amine vient me chercher à l’aéroport de La Senia pour me conduire en ville, ça va vraiment me mettre dans l’ambiance.

Je lui dirais, Amine, ne va pas vers le centre-ville, tu tournes à droite et tu t’en vas vers El-Kerma, je veux voir la Sebkha. Le reste, c’est pas que je m’en fiche, mais je crois qu’Oran, pour moi, c’est El-Kerma (ex.Valmy).

C’est là qu’habitait mon arrière grand-mère, c’est là que mon grand-père allait chasser dans la Sebkha, c’est là que mon père le regardait en écoutant son oncle raconter des histoires imaginaires sur ses batailles glorieuses du côté du Bosphore. Il était complètement mythomane.

Mon grand-père était obligé de lui dire “mais enfin, arrête de raconter des bolas à ce gamin !!”

Boulevard Front de mer

Boulevard Front de mer (source photo : blog de Catherine Pinoteau)

Ensuite, je dirais à Amine, maintenant tu m’emmènes sur le Front de mer, je veux voir le port, la colline de Santa-Cruz et la cheminée de l’usine thermique. Et puis je veux voir les quatre tours Bahia et l’hôtel Sheraton. Ça m’étonnerait que je puisse me payer une chambre là-dedans, mais c’est pas grave, je veux aller voir à quoi ça ressemble.

J’irai me cacher dans la buanderie, au fond d’une corbeille à linge, et la nuit je sortirai pour me promener dans les couloirs et jouer au fantôme. J’ai aussi envie de marcher sous les arcades de la rue Mohamed Larbi Ben M’hidi (ex. rue d’Arzew), comme ma mère le faisait pour attirer les garçons en fumant une cigarette (en cachette bien sûr…).

A Nice, le même créponé que celui de Oran, devant la cathédrale

A Nice, le même créponé que celui de Oran, devant la cathédrale (source : le coin de Jean-Pierre Lasry)

Ensuite, j’irai me trouver un marchand de glace devant la cathédrale-bibliothèque. D’ailleurs, quand j’aurai fini ma glace, j’irai me prendre un bouquin. Je me demande quel genre de livre il y a dans cette bibliothèque.

Pour finir ma petite journée, je dirais à Amine, emmène-moi chez Emile, je veux entendre l’histoire de son père espagnol et aviateur qui a fuit Franco avec son avion de chasse pour se poser en Algérie.

Mon grand-père maternel était catalan d’origine et s’appelait aussi Emile.

Il est né à Oran en 1916 et je ne sais pas du tout comment ses parents sont arrivés dans cette ville.

Mais tout ça, ce sera pour mon deuxième voyage.

Le premier, je le ferai avec mon père.

 

Paul Souleyre.

 

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  * * *

Que visiteriez-vous en premier si vous deviez retourner à Oran ?

 

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3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle personnel. Hubert Ripoll est précieux de ce point de vue là. Sa méthode offre un angle de vue forcément personnel. Il est intéressant de se projeter dans une situation et de raconter l’expérience traversée. Ce n’est pas à faire dans chaque article malgré tout. C’est une méthode psychologique mais pas littéraire. Le littéraire choisit un angle. Il y en a beaucoup d’autres possibles.

Ecriture : Sur le plan littéraire, il faut adapter le style à l’expérience vécue. On vit une expérience imaginaire, autant glisser dans l’imaginaire. Jouer au fantôme dans les couloirs du Sheraton est un exemple parmi d’autres.

Transmission : Du point de vue de la transmission, c’est un article assez intéressant puisqu’on se situe à un double niveau de transmission. J’imagine le voyage à Oran à travers le regard moderne d’Amine et je conclus le texte en disant que mon premier regard sera celui de mon père. La transmission peut très bien s’étendre à des générations postérieures et antérieures. Elle n’est pas obligatoirement coincée entre deux parties.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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