Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Une Histoire d’Oran

HISTOIRE

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Si une histoire n’est jamais neutre, dans le cas de l’Algérie, elle est en outre particulièrement sensible. Rien n’est simple. Ni les faits, ni les interprétations.

Résultat des courses, j’ai décidé de me passer de la guerre d’Algérie sur ce blog, à tort ou à raison.

Deux causes principales à ce choix :

1 – Je voulais surtout accéder à “l’Algérie Heureuse” de mes grands-parents.

Cette Algérie mythique dans laquelle mes grands-parents avaient grandi et été “heureux” (je ne suis pas dupe là dessus) et qui n’avait jamais été transmise dans la famille.

Je ne pouvais me fier à personne ou presque :

  • Les Pieds-Noirs en manque de reconnaissance et tellement dénigrés cherchent toujours à compenser un déficit d’image ;
  • Les Français de France, essentiellement préoccupés par des problèmes qui remettent en cause leur socle de valeurs, ne s’intéressent pas vraiment au quotidien de l’Algérie Française ;
  • Et les Algériens se battent contre leur présent. 

Mais il y a toujours des exceptions à la règle et je partais avec la ferme intention de les dénicher.

J’ai donc fini par rencontrer des pieds-noirs qui m’ont aidé à reconstituer la vie à Oran. Ils se reconnaîtront, et du fond du cœur, je les remercie de leur présence. Tous savent que rien n’était simple, là-bas, mais tous savent aussi qu’il existait une certaine forme de dignité. C’est elle que j’ai cherché à rendre à mes ancêtres.

J’ai aussi rencontré des Algériens (parfois physiquement) qui m’ont aidé à prendre mes marques dans la ville actuelle. Je les remercie pour tout ce qu’ils m’ont apporté.

J’ai une pensée particulière pour deux d’entre eux (qui se reconnaîtront) et qui m’ont offert, pour l’un, toutes les photos des lieux où habitait ma famille (et tant d’autres encore !), pour l’autre, beaucoup de repères, de livres aussi, et des photos absolument uniques de l’école où enseignait mon grand-père.

Ai-je réussi à intéresser les Français de France ? Pas vraiment. Il faut dire que si le sujet me passionne, objectivement et pour notre époque, il n’est pas très sexy. Et puis peut-être n’ai-je pas réussi à le rendre suffisamment attractif.

Ai-je au moins réussi à intéresser des enfants de pieds-noirs nés en France ?

Tout juste… On doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main. Mais c’est une main sacrée. J’y ai rencontré des gens toujours riches d’avoir découvert eux-mêmes, et bien avant moi, leurs racines complexes. Je salue ici mon lecteur le plus fidèle et le plus critique, sans pitié, et qui m’aura bien secoué durant les premiers mois.

2 – Je n’avais pas envie de faire la Guerre d’Algérie par commentaires interposés.

Tout est beaucoup trop sensible, à fleur de peau, d’un côté de la Méditerranée comme de l’autre. Il suffit qu’un article soit un peu polémique et je me retrouve avec des commentaires souvent agressifs, quels que soient les bords. Il est très difficile de mettre en place une discussion simple, ou pour être plus honnête, j’en suis incapable. C’est bien au-delà de mes compétences.

Donc je me suis défilé pour essayer de faire autre chose, un truc bête, dans lequel je m’efforce de découvrir ce que peut être l’Algérie Française à Oran, sur une tonalité naïve.

C’est aussi bien.

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J’ai alors cherché à entrer dans les grandes lignes de l’histoire d’Oran pour m’apercevoir assez vite qu’elle avait été particulièrement chaotique.

“Oran la berbère. Oran la juive. Oran l’espagnole. Oran l’arabe. Oran la française.  Oran est tout cela, ville ouverte, de brassage, cosmopolite, qui n’a rien perdu de sa réputation, ville de culture aussi. Son histoire se confond intimement avec celle du Maghreb, de l’Andalousie, de la Méditerranée.” (K. Metaïr – Oran la mémoire)

Je n’irai pas chercher plus loin que cette énumération d’influences pour tenter de dessiner une très superficielle histoire d’Oran.

 

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La traversée de l’HistoireOran la BerbèreOran la JuiveOran l’EspagnoleOran l’ArabeOran la FrançaiseOran depuis 1962

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La traversée de l’Histoire

Il y a trois articles qui permettent de traverser toutes les influences :

Les métamorphoses historiques de l’église Saint-Louis
→ Rosalcazar ou Château Neuf, voyage à travers l’Histoire d’Oran
→ Promenade dans la Casbah d’Oran jusqu’à l’arrivée des Français

Je les ai écrits assez tard parce que je ne me sentais pas capable de le faire avant. C’est avec le cas de l’église St-Louis que le besoin s’est fait sentir ; je vacillais toutes les fois que je la rencontrais sur mon chemin, incapable de pénétrer les strates successives de ses métamorphoses.

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Il faut essayer de se rappeler que :

  1. La fondation officielle d’Oran date de 902 même si les lieux environnants montrent des traces de présence préhistorique (abri Alain d’Eckmühl et grottes de l’Aïdour), punique (Civilisation carthaginoise aux Andalouses), romaine (Portus divini à Mers el-Kebir) et juive durant la période du Bas-Empire romain (180-476 après J.C. si je prends les limites les plus larges de cette période). Les Français fêteront le millénaire de la ville en 1902.
  2. La période arabo-berbère s’étend de 902 à 1509. Le détail complexe de cette période se trouve sur Wikipedia par exemple. Et il ne reste vraiment pas grand-chose de cette période à Oran. Kouider Metaïr de l’association Bel Horizon préconise la réalisation de fouilles archéologiques sous la Casbah (actuellement délaissée) pour essayer d’y voir plus clair.
  3. La 1ère période espagnole s’étend de 1509 à 1708. C’est durant cette période qu’est construit le fort de Santa-Cruz par exemple.
  4. La 1ère période ottomane s’étend de 1708 à 1732. C’est la période du Bey Mouchlaghem. Il reste davantage de traces que la première période arabo-berbère. Les Bains Turcs par exemple.
  5. La 2ème période espagnole qui s’étend de 1732 à 1792. En 1790, un terrible tremblement de terre détruit une bonne partie de la ville.
  6. La 2ème période ottomane s’étend de 1792 au 4 janvier 1831 pour l’entrée des Français dans Oran. Les beys s’installent dans Rosalcazar et y construisent leur palais.
  7. La période française à Oran s’étend de 1831 à 1962.

Je n’ai pas réussi à m’intéresser à toutes les périodes avec la même ardeur, loin de là, mais ce petit bilan m’aidera à y voir plus clair dans les lacunes du blog, et je chercherai probablement à y remédier dans les mois à venir.

Le cas le plus typique de ce manque est l’histoire berbère. Il n’y a quasiment rien. Probablement fallait-il d’abord que je digère les traces omniprésentes des histoires française et espagnole.

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Oran la berbère

Je n’ai rien écrit sur la région avant la fondation officielle de la ville en 902. Donc  pas de Kahina, par exemple, cette reine berbère juive de l’Aurès qui résista cinq ans à l’avancée des musulmans avant de mourir en 698, bien que la place qui se trouve face à la cathédrale-bibliothèque ait au moins porté son nom un temps avant de s’appeler el moudjahid aujourd’hui.

On peut repérer le village Ifry, au sud de la Casbah, un peu sur les hauteurs, qui est le site berbère de la ville avant sa fondation officielle en 902.

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Localisation du village berbère Ifry (Carte Bellin 1764 modifiée)

Et puis il y a peut-être la langue oranaise parlée par les habitants actuels, présentée de manière vive et drôle par Tewfik, il y a presque un an, que l’on peut (peut-être) rattacher à une influence berbère. J’avais commencé un petit carnet de locutions oranaises, que j’ai très vite abandonné, par manque de forces et de temps. Il ne m’en reste plus grand-chose à part Sahbi et Khouya.

→ La langue maternelle d’Oran

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Oran la juive

Je n’ai appris que très tard mes origines juives de Tlemcen (en octobre 2012 alors que j’ai commencé le blog en avril 2012) mais le quartier juif d’Oran m’a toujours beaucoup intrigué. Probablement parce qu’il est en ruine après avoir été particulièrement vivant, comme la Marine ou la Calère haute (actuellement en phase de destruction – juin 2013).

Mireille Attias est reprise sur tous les sites (et pas toujours citée) pour avoir tracé les grandes lignes de l’histoire des juifs à Oran. Donc pour ceux qui veulent vraiment du détail, il faut aller sur cette page du Cercle Algérianiste, et pour un résumé, sur la page d’Edgard Attias qui “condense et remet en forme” le texte précité.

*

 

Mais pour moi, l’Histoire des juifs d’Oran se découpe surtout selon les statuts accordés ou pas, par les différents pouvoirs en place :

→ Aucun statut avant les musulmans – tribus berbères judaïsantes.
Statut de Dhimmi sous la domination musulmane (entre 902 et 1509 pour Oran, puis entre 1708 et 1732, et entre 1792 et 1831)
→ Sous les Espagnols qui arrivent en 1509, ils sont libres jusqu’en 1669, mais expulsés ensuite. Ils reviennent sous les Ottomans en 1708 (avec le statut de Dhimmi) mais seront de nouveau expulsés au retour des Espagnols en 1732.
→ En 1792, le Bey Ottoman fera de nouveau appel à eux pour repeupler Oran.
→ Levée du statut de Dhimmi à l’arrivée des Français en 1831 – Même statut Indigène que les musulmans.
→ Possibilité pour tous les “Indigènes” de choisir la nationalité française en 1865 (mais à la condition d’abandonner le statut personnel régi par la loi mosaïque)
→ Naturalisation en bloc de tous les juifs d’Algérie par le décret Crémieux en 1870
Crises anti-juives d’Oran
→ Retrait de la nationalité française sous Vichy.
→ Récupération de la nationalité française en novembre 1943 (1 ans tout de même après le débarquement américain à Oran)

Oran la juive est donc ballottée au gré des pouvoirs en place.

Mais à partir du décret Crémieux, l’assimilation devient très rapide, et en deux générations, tout est bouleversé. Les descendants portent désormais le costume et la cravate. Si bien que quatre générations plus tard (moi) on peut tout à fait ne plus avoir conscience de ses origines.

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Oran l’espagnole

Sous la période française, et malgré les boulevards haussmanniens, la ville est profondément espagnole. Donc j’ai parfois l’impression que, depuis 1509 et jusqu’en 1962, Oran a toujours été espagnole (hors périodes ottomanes). Et je me rends compte que j’ai très peu parlé de la présence espagnole, mais que j’ai beaucoup parlé de l’Espagne immigrée et naturalisée dans les bas-quartiers de la ville.

→ Entre 1509 et 1708

→ Entre 1732 et 1792

→ Les traces espagnoles durant la période française

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Oran l’arabe

→ Entre 902 et 1509

On peut évoquer (rapidement, mais comment faire autrement, il ne reste pas grand-chose) la florissante dynastie berbère des Mérinides à partir de 1258.

→ Entre 1708 et 1732 (Ottomans I – Bey Bouchlaghem)

→ Entre 1792 et 1831 (Ottomans II – Bey Mohammed el-Kébir)

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Oran la française

Batailles et choleraVille basseVille modernePassage des américainsLa ville de mes parents

Comment partager Oran la Française ?

Selon les batailles  et les guerres ? Selon les évolutions géographiques ? selon les décrets qui modifient les mentalités ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait 3800 habitants à l’arrivée des Français et qu’il y en a 400 000 à leur départ. On est passé d’une petite ville en 1831 à la cinquième ville de France en 1962. Ce qui démontre une certaine vitalité.

Une fois n’est pas coutume, je vais faire dans le subjectif, en m’inspirant toutefois du découpage que Robert Tinthoin réalise en 1955 dans son article Oran, ville moderne :

1 – Les batailles et le choléra : 1831-1849

Pour moi, le début, ce sont des soldats français et la lutte contre Abd el-Kader. Il n’est pas possible pour les Français d’agrandir Oran tant que les troupes d’Abd el-Kader l’assaillent. Le 23 décembre 1847, c’est la reddition de l’Émir Abd el-Kader, et le début du développement de la ville française.

Mais en 1848, on construit quand même un caravansérail parce que la lutte reste violente. Il ne fera pas longtemps office de caravansérail puisqu’il servira très vite d’hôpital lors du choléra qui sévit à l’automne 1849. Une petite Vierge est posée sur la Montagne de Santa-Cruz et la pluie tombe. Le choléra est vaincu.

Si la reddition de l’Emir Abd el-Kader signe la fin des combats, la fin du Choléra signe le début du Christianisme comme élément fédérateur de populations extrêmement diverses dans leurs origines. Presque deux siècles plus tard, c’est encore lui qui rassemble 30 000 personnes à Nîmes (mai 2013). Ce ne sont pas 30 000 croyants, c’est sûr, mais je ne suis pas convaincu non plus que tout le monde était fervent croyant en 1849. En façade certainement ; en profondeur, c’est une autre histoire.

Je n’ai pas vraiment décrit les batailles, à peine évoqué Sidi Brahim, mais j’ai quand même repéré une description de la ville réalisée en 1835 par le Général Desmichels. Elle a le mérite d’être précise et évocatrice. Et puis une ménagerie à Château-Neuf, et enfin le Choléra.

→ Oran sous le commandement du Général Desmichels
Oran 1849 : la gazelle de Château-Neuf
→ La Vierge de l’Oranie au XIX° siècle par M. le Chanoine Mathieu

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2 – La ville basse : 1849-1889

Cette période est selon moi caractérisée par deux évolutions : celle de la ville dans le ravin de Raz el-Aïn, et celle des populations et de leur nationalité. 1889 correspond à la date de naturalisation automatique de tout étranger né en Algérie s’il ne réclame pas, à sa majorité, la nationalité d’origine de son père.

En ce qui concerne la ville

– Oran, dont le centre-ville est dans le ravin, se dote de bâtiments publics (préfecture 1852) Trésor, Poste, Tribunal civil, mairie (1867).

– Une enceinte militaire de 4 km enserre 75 ha de terres en 1866, dont une grande partie du plateau de Kargentah.

– Le haut de la ville (plateau de Kargentah) commence à se développer à l’intérieur de l’enceinte, dans un premier temps autour de la vieille mosquée du bey, construite sous les Ottomans de la 2ème période (1792-1831)

– Le “Village Nègre” est créé dès 1845 sur le plateau Kargentah par le Général Lamoricière.

En ce qui concerne les populations

Senatus Consulte du 14 juillet 1865 :

  • Les “Indigènes” musulmans et juifs deviennent “sujets” français. Ils peuvent devenir citoyens français s’ils en font la demande d’une part, et d’autre part, s’ils abandonnent leur statut personnel régi par la loi musulmane ou la loi mosaïque afin de se conformer aux lois françaises.
  • Les étrangers peuvent devenir citoyens français au bout de trois années de résidence en Algérie s’ils en font la demande.

Décret Crémieux du 24 octobre 1870

  • Le décret Crémieux (du nom d’Adolphe Crémieux) est le décret no 136 qui accorde d’office en 1870 la citoyenneté française aux 35 000 Juifs d’Algérie.
  • Il est complété par le décret no 137 portant « sur la naturalisation des Indigènes musulmans et des Étrangers résidant en Algérie » : pour ce qui les concerne, la qualité de citoyen français n’est pas automatique puisqu’elle « ne peut être obtenue qu’à l’âge de vingt et un ans accomplis », sur leur demande, et s’ils abandonnent leur statut personnel régi par la loi musulmane afin de se conformer aux lois françaises.

La loi de naturalisation du 26 juin 1889

  • C’est une loi de naturalisation massive et automatique similaire au décret Crémieux pour les Juifs d’Algérie, et qui va concerner tous les futurs “cinquante-pour-cent” espagnols, italiens, maltais, etc. : naturalisation automatique de tout étranger né en Algérie s’il ne réclame pas, à sa majorité, la nationalité d’origine de son père.

Tout ce qui est écrit ci-dessus est plus ou moins pris sur Wikipedia. Je n’ai guère fait qu’un travail de mise en forme.

Mais la porte d’entrée de beaucoup de polémiques se trouve là et ce n’est pas moi qui vais en franchir le seuil. Je conseille (aux enfants de pieds-noirs en tout cas) la lecture d’un historien comme Guy Pervillé, référence aussi bien dans le monde pieds-noirs (il était invité au colloque de Masseube en juin 2012) que dans les programmes de l’Education Nationale. C’est suffisamment rare pour être souligné.

Un livre récent et synthétique : La France en Algérie (1830-1954). La présentation détaillée du livre sur son site.

3 – Le développement de la ville moderne : 1889-1942

Robert Tinthoin partage cette période en trois parties (et la fait démarrer plus tôt, bien sûr) :

1 – 1880-1900 : “l’extension d’Oran fait tâche d’huile. En 1880, près de la moitié des 60 000 habitants occupent le plateau, et dès 1881, des faubourgs s’ébauchent extra-muros. De nouveaux bâtiments publics s’élèvent : Hôtel de ville (1887), Palais de justice, Hôpital civil, Lycée, Théâtre, Gare (1900-1913)”

2 – 1900-1930 : “l’extension de la surface bâtie dépasse toutes les prévisions. […] la population double de 1900 à 1936, de 93 000 à 195 000 habitants. On trace de nouvelles voies et aménage les anciens quartiers.”

3 – 1930-1939 : “la technique de l’urbanisme moderne est appliquée à Oran. On cherche à distinguer judicieusement un zoning, déterminant pour l’avenir des zones de commerce, d’habitations collectives, de petites habitations, d’industries, de cultures maraîchères, de vie rurales, de lotissements nouveaux et réglementés. Les fortifications militaires de 1866, devenues désuètes sont déclassées officiellement et l’extension de la ville ne connaît plus d’obstacles de ce côté.”

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4 – Le passage des américains : 1942-1945

Les Américains sont restés trois ans à Oran et la ville en a été marquée, particulièrement sur le plan culturel. Je n’ai pas suffisamment creusé de ce côté-là, mais c’est une évidence, et ça commence par les musiciens judéo-arabes qui, au contact du jazz, ont fait évoluer leur musique. J’aurais bien été incapable de le deviner tout seul, mais c’est un musicien qui le dit, dans un début de reportage sur le raï à Oran.

J’essaierai de développer cette partie-là dans les prochains mois, d’autant plus qu’Alfred Salinas a écrit un excellent livre sur les Américains en Algérie, et qu’il y a de quoi faire. En attendant, quelques articles classiques sur leur présence pendant la guerre :

→ Quelques petites histoires sur les américains à Oran
→ Le débarquement des journalistes américains
→ Les petits plaisirs de la rue de l’Aqueduc

5 – La ville de mes parents – “Oran des années 50 ” – 1945-1962

Mon père est né en 1943, ma mère en 1946. Leurs témoignages sont des témoignages d’enfants et d’adolescents. Le regard de ma mère est perturbé par l’ambiance familiale. Celui de mon père est plus simple, mais c’est celui d’un “Français” qui se regarde vivre au milieu des “Espagnols”, et qui se demande un peu ce qu’il fait là (ce qui ne l’empêche pas de passer ses journées à jouer au foot, au “tour de France”, ou aux pignols).

Est-il seulement possible d’avoir un regard unifié ? Puis-je vraiment faire coïncider le regard de ma mère, avec celui de mon père, avec celui des gens de la Marine, ou avec celui des copains du plateau St-Michel qui postent des photos sur le site Oran des années 50 ? J’ai comme un doute. Les origines sont tellement diverses que chacun semble regarder sa ville par l’œil de ses racines ou de son quartier.

Je ne suis pas sûr qu’il y ait de l’ordre à mettre là-dedans. Il faudra juste se rappeler ce que j’ai volontairement écarté : la guerre. Et aller se renseigner par ailleurs. C’est une ville sans guerre dont je m’occupe sur ce blog et il ne faut pas trop en attendre non plus.

Seulement de quoi redonner un peu de dignité à des ancêtres qui n’ont pas été épargnés par l’histoire officielle.

Et se réconcilier soi-même avec sa propre histoire.

Oran depuis 1962

Je salue ceux qui prennent soin de l’Histoire de cette ville. D’où qu’ils soient.

 

Paul Souleyre.

 

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