Memoblog – Oran

Paul Souleyre

La place Kargentah n’est plus tout à fait la même

Posted by on Oct 14, 2012

la place Kargentah 1900

Place Kargentah en 1900 (carte postale ancienne)

La place Kargentah est l’une des premières places intégrée avec succès dans ma carte mentale d’Oran.

J’ai pas mal parcouru la ville sur les plans et depuis Google Earth, sans arriver à me fixer des repères, jusqu’à ce que je finisse par tomber sur la place Kargentah.

J’avais des repères dans la vieille ville, et un peu vers la Place d’Armes, mais plus loin, c’était fini.

Plus je cheminais vers l’Est de la ville, plus je me perdais. Je me perds d’ailleurs toujours aujourd’hui.

Tant que je ne serai pas allé sur place, de toute façon, tout ça continuera à flotter dans ma tête sans arriver à se fixer.

Je vivrai dans une espèce d’Oran, qui n’est ni du passé ni du présent, mais seulement une reconstruction mentale abracadabrante et monstrueuse.

Ce n’est pas mon désir. A la longue, ça tourne à vide. Je le sens bien.

Si j’ai réussi à ancrer la place Kargentah dans ma mémoire, c’est parce qu’il lui est arrivé quelque chose dans le temps, et que j’ai pu raccrocher le présent au passé à travers un semblant d’histoire, d’anecdote, d’événement minuscule : la disparition du marché.

 Evolution de la place Kargentah

La Maison du Colon et la Place Kargentah

La Maison du Colon et la Place Kargentah avant 1962

PLACE KARGENTAH DE 1988 LE MARCHE A ETE RASE

En 1988, le marché de la place Kargentah est rasé. (Oran des années 50)

2 EME ZOUAVE bd du ET PLACE KARGENTAH

La place Kargentah après 1988 (site Oran des années 50)

Je ne sais pas si la date de 1988 est la bonne, parce que je pensais que c’était plus tard, mais ce n’est pas impossible non plus.

Il faudra me renseigner sur ce point.

La place Kargentah comme emblème d’une certaine forme d’ancrage de la mémoire

J’ai réussi à ancrer Lamoricière et le boulevard Gallieni grâce à la carte postale de mon père, qui est un événement présent que je peux très précisément dater du 17 mai 2010 à 22h10, bien que la photo soit des années 50.

Pour moi, cette carte postale ne date pas du tout des années 50.

J’ai réussi à ancrer la vieille ville parce que beaucoup de personnes cherchent à la faire revivre sur Facebook.

Forcément, ça marque, et ça questionne.

Santa-Cruz est tellement vivant à Oran et à Nîmes que je ne pouvais pas faire autrement que de graver dans ma tête le Fort, la Basilique et la statue de la Vierge.

Mers el-Kebir a vraiment pris corps lorsque j’ai regardé de plus près le désastre du 3 juillet 1940.

Jusque-là, ce n’était qu’un joli nom.

Après, j’aurais pu faire comme pendant mes études et tout apprendre par coeur.

J’ai essayé. Sans succès. Il me faut un lien affectif ou intellectuel particulier avec le lieu. Sinon, je ne retiens pas.

Il est arrivé quelque chose d’étrange à la place Kargentah : il semblerait qu’une fuite de gaz -ou quelque chose dans le genre- ait provoqué une déflagration du marché.

Criminelle ? Pas criminelle ? Les théories s’affrontent, semble-t-il.

Il faudrait un jour faire l’histoire de la ville depuis l’angle de la promotion immobilière. On ne serait pas déçu.

Avant 62 comme après.

En attendant, j’ai bien compris que je devais aimer la ville si je voulais en retenir quelque chose.

Donc je l’aime.

 

Paul Souleyre.

 

 

  * * *

Pouvez-vous m’apporter quelques lumières sur l’origine de la déflagration du marché Kargentah ?

 

Répondez dans les commentaires.
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* * *

3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est l’évolution du marché Kargentah, et plus profondément, les mécanismes de la mémoire. L’angle est celui de l’affectif. De temps en temps, l’angle du retour réflexif permet d’éviter de confondre le blog avec un site d’informations. Le blog est subjectif.

Ecriture : En tant que lecteur, on peut être désorienté en s’attendant à de l’informatif à travers la mise en place des trois photos par exemple. Jouer du va et vient entre l’informatif et le subjectif est la spécificité de l’écriture sur blog. Donc le lecteur qui est habitué le sait.

Transmission : Plus le lien affectif avec ce qui doit être transmis est fort, plus la transmission est efficace. Mais c’est dû au fonctionnement de la mémoire physique.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

4 Comments

  1. Le marché de karguenta a été détruit par un incendie suite a un court circuit électrique en octobre 1984.je me rappel bien de cela, et au sous sol il y avait l'imprimerie de la mairie.

  2. Merci pour ces précisions. Si vous voyez un article qui en parle quelque part, je suis preneur. Je n'ai rien trouvé pour ma part.

  3. Salut,
    comme les fait se sont déroulés au début des années 80, il y avait que le journal régional "El Joumhouria" La république. qui aurait relaté cet incendie. en plus il est arabophone. j'essaierai de voir si possible des articles.

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