Memoblog – Oran

Paul Souleyre

La Sénia et ses petits personnages peints

Posted by on Sep 10, 2012

La Sénia - Tableau de Catherine Quesada

Catherine Quesada – La Sénia

On met parfois un temps fou à faire les gestes les plus simples.

Cinq mois que je me suis lancé dans ce retour aux sources et je me fais subitement la remarque que je n’ai jamais cliqué sur radio pieds-noirs international.

Je suis sur le site d’Alger où les livres de Jeanne Cheula sont en téléchargement libre lorsque l’évènement se produit, je ne sais même pas pourquoi : je me rappelle l’existence d’une radio pieds-noirs et je décide de partir à sa recherche.

L’avantage, quand on commence à connaître un univers (l’univers pieds-noirs en l’occurence), c’est qu’on ne voit plus les choses qu’on a déjà traversées mille fois. Seules peuvent émerger les petites lumières inhabituelles.

Donc je pars sur radio pieds-noirs en me disant de manière consciente : c’est une radio, et une radio, c’est un medium très spécial. Ce n’est pas un site internet ou un journal. Il doit y avoir des choses particulières.

J’arrive sur radio pieds-noirs l’esprit curieux lorsque je suis happé par François Valery. Ce n’est pas sa chanson Oran, juin 62, c’est autre chose, je ne me rappelle plus. Mais c’est en plein centre de la page : deux gros pieds-noirs encadrent un “triangle play” et indiquent le chanteur en ligne, François Valery.

Je flâne un peu sur le site, puis je repars vers d’autres lieux, tout en laissant tourner radio pieds-noirs en  fond.

C’est ce qu’il faut faire. Je le conseille fortement.

On entend beaucoup de chansons très variées, et on peut toujours revenir voir les interprètes : c’est écrit en gros sous les pieds.

C’est comme ça que je tombe sur Jean-Paul Voglimacci.

*

 

Le petit film musical de La Sénia

Ça fait déjà un moment que j’ai changé de tactique dans mes recherches Google (et c’est une tactique que je conseille à tout le monde) je vais dans Google images ou Google Youtube et je tape les choses qui m’intéressent.

Si je vais dans la recherche “classique”, je tombe sur du “contenu pertinent” qui est surtout du contenu ennuyeux. Dans les “images” ou les “vidéos” on est dans du contenu “périphérique”, plus ou moins en rapport avec le sujet, et là se trouvent toutes les pépites du monde.

C’est comme ça qu’en tapant Jean-Paul Voglimacci dans Youtube, je suis tombé sur le film que je mets ci-dessous.

 

La Sénia Tableau Photorécit – Jean Paul VOGLIMACCI

Image de prévisualisation YouTube

 

Et là, cerise sur le gâteau, une image qui me saute aux yeux : le tableau de Catherine Quesada.

Catherine Quesada, femme de Christian Quesada, qui a fait le diaporama avec Jean-Paul Voglimacci, le chanteur.

Je sais à ce moment-là que rien ne m’empêchera plus de montrer le tableau aujourd’hui, à la place du sujet que j’avais choisi d’aborder.

Pourquoi donc ?

Parce que cerise sur la cerise du gâteau, les petits personnages ne sont pas peints…

Je laisse la parole à Catherine Quesada :

Présentation classique pour commencer : “Tableau créé pour mon époux – Représente le village de “La Sénia”, petit village où il est né – La Sénia se situe près de l’aéroport d’Oran – Se référer aux articles du Blog : “La Sénia de mon enfance” crée par Jean-Paul Voglimacci – Autour du kiosque se trouvent réunis tous les amis d’enfance de mon mari que nous réunissons régulièrement.

Puis un commentaire sous le tableau et enfin, LA précision tant attendue : “Tout le fond du tableau est peint à l’huile, par contre les personnages sont des photos prises de tous les copains à mon mari de son village, photos actuelles que j’ai intégrées au tableau puis vernies.” C’est sur cette page

La Sénia

Probablement la photographie à partir de laquelle a été réalisée le tableau.

Voilà.

Si vous regardez un peu plus attentivement le tableau de Catherine Quesada, vous vous rendrez compte, en effet, que les visages des personnages sont étranges. La définition de la photo n’est malheureusement pas assez précise pour profiter pleinement de cette après-midi musicale.

C’est dommage.

Mais j’espère bien qu’un jour ou l’autre, j’aurai le plaisir de pouvoir l’observer de visu.

C’est très émouvant, tous ces personnages qui retournent danser le bal de l’éternité devant l’église de La Sénia.

Merci beaucoup, Madame Quesada.

 

Paul Souleyre.

 

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* * *

Et vous, que pensez-vous du tableau de Catherine Quesada ?

 

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* * *

3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est le tableau de Catherine Quesada sur La Sénia et l’angle, celui des petites choses invisibles qui donnent un sens à tout. Je ne cesserai jamais de l’écrire. Toujours partir à la recherche des petites choses. Elles parlent bien plus que les grandes. Des petites photos de personnages collées sur un pays perdu, ça veut tout dire…

Ecriture : Ici, deux conseils très importants. Le premier : dérouler, devant le lecteur, la pensée telle qu’elle a pu se déplier dans le moment vécu. Ce mouvement-là, c’est le mouvement de l’esprit. Si on file directement au tableau de La Sénia, on perd tout. Le second : ramasser en une seule phrase finale, sans employer un ton explicatif, l’essence du tableau, sa signification profonde. Et s’obliger à cet effort si le tableau est une pépite.

Transmission : Toute oeuvre d’art possède une force de transmission au moins aussi importante que n’importe quel travail historique. C’est comme ça. 

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

4 Comments

  1. Pourquoi ai-je immédiatement pensé à un thème très ancien de l’art pictural en découvrant le tableau de C. Quesada… celui de la danse macabre ? Parce qu’un pays qui n’existe plus fait danser ses anciens habitants en bout de course ? Le kiosque me semble monstrueux, un peu comme la Mort avec son violon et l’entrée de l’église parait être une bouche béante prête à happer tous les danseurs étourdis de musique. Ce qui me fait penser également au tableau de Goya… Saturne dévorant l’un de ses fils…Une terre qui a englouti l’espoir de toute une population il y a 50 ans… or l’espoir c’est la vie.
    Peut-être ces sentiments viennent-ils du fait que la Sénia évoque pour moi les horreurs de juin/juillet 62, les nombreux disparus sur la route de l’aéroport au moment de l’exode ?
    Waouh ! J’ai des lundis plutôt sinistres !
    Une pensée pour ma grand-mère qui aurait eu 95 ans avant-hier et était serveuse à la base de La Sénia.

  2. Indiscutablement, c’est une danse macabre… Et le fait que les personnages soient des photos collées et vernies accentue davantage encore le côté mortuaire. Et pourtant, malgré tout, l’ensemble reste touchant… me semble-t-il.

  3. Merci pour cet article sur notre Merveilleux village de La Sénia.
    Jean Paul VOGLIMACCI.

  4. merci ♥

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