Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Le théâtre qui fait doucement sourire Houari Chaila

Posted by on Mai 2, 2012

Théâtre d'Oran

Oran – Le théâtre (source : blog de tahiaghazaouet)

Dans son remarquable livre “Oran, histoire d’une ville”, Houari Chaila est d’une grande honnêteté avec le théâtre municipal.

Glorifié sur tous les sites qui vantent  les charmes de la ville, Il l’est parfois en dépit du bon sens.

Sur la Place du 1er novembre 54, on voit un monument. Son style fait aujourd’hui sourire ; pourtant, sa façade, nullement changée, ses deux coquets clochetons à jour, son balcon à colonnades, offrent encore au regard quelque grâce, sans doute surannée mais qui vaut bien les surfaces plates et les grands cubes de style impersonnel reproduits maintenant à des millions d’exemplaires, dans toutes les villes du monde”.

Tout est dit dans cette longue phrase. Il y a d’abord et avant tout la remarque préliminaire : ce théâtre fait sourire. En effet, je crois que c’est le premier monument (après la cathédrale) qui me soit resté gravé dans les yeux par son côté rococo complètement incongru dans le paysage.

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On se demande vraiment ce qu’un tel monument vient faire à Oran. Ça n’a aucun sens. C’est un peu comme le style romano-byzantin de la cathédrale. Si un jour, ce théâtre est transformé en bibliothèque, il l’aura bien cherché.

Oran - Le Théâtre (recadré à partir de la photo de Wikipedia)

Oran – Le Théâtre (recadré à partir de la photo de Wikipedia)

Là où Houari Chaila n’a pas tout à fait tort, c’est qu’il vaut mieux ça que la Cité Perret. Mais de là à construire un monument romain du XVIII°S, il y a une marge que les colons français auraient peut-être pu se dispenser de franchir. Il ne manque plus que la fontaine de Trévi, Marcello et le plongeon d’Anita.

Fermons les yeux cependant et offrons-lui une chance de s’en sortir : ce qui donne tout son charme à la bâtisse, c’est qu’elle a décidé d’être coquette devant les lions de la mairie. Voilà qui est dit.

Mais c’est encore Houari Chaila qui sauve le mieux notre théâtre ; il cite tellement d’artistes algériens qui foulèrent les planches depuis l’inauguration du 10 décembre 1907,  qu’il nous rend finalement sympathique un bâtiment totalement anachronique.

Dès les années 40, les troupes musulmanes s’y produisirent, à la grande satisfaction des algériens où ils apprécieront Bachtarzi, Touri, Rouiched et de nombreux autres artistes de talent.Après l’indépendance du pays, le théâtre continua pendant au moins deux décennies d’être le temple de la culture, avec Abderrahmane Kaki, Abdelkader Alloula et Sirat Boumédiène.”

Je ne me sens pas très fier subitement. Je ne connais personne. Il va très vite falloir que je me mette à la page.

Ça m’apprendra à dire des méchancetés sur un théâtre qui ne le mérite pas.

 

Paul Souleyre.

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PS : Voir l’article de Hafid Boualem sur le théâtre d’Oran pour un descriptif plus détaillé en vidéo – Charles Brouty a aussi dessiné le grand théâtre, mais il y avait, me semble-t-il, un regard critique derrière chaque dessin.

 

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3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est ici le théâtre d’Oran. Ce théâtre est de style rococo, très particulier. C’est mon angle personnel et c’est aussi celui de Houari Chaili. Lorsqu’on trouve quelqu’un qui a le même angle personnel que soi, il faut le mettre en avant.

Ecriture : Ce qui m’amuse ici -et peut-être est-ce ce que retiendra le lecteur- c’est le passage de la Dolce Vita de Federico Fellini. Ça permet de bien se plonger dans une ambiance qui n’a rien à voir avec Oran. Tout à fait l’effet que provoque en lui-même le théâtre d’Oran. Trouver des liens extérieurs incongrus pour exprimer l’idée d’un élément incongru en lui-même peut être intéressant. Mais c’est risqué…

Transmission : Beaucoup de transmission dans ce texte. Aussi bien cinématographique, qu’architecturale ou littéraire. Il faut varier au maximum les angles de transmission.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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