Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Comment l’association Bel Horizon d’Oran s’est développée

Posted by on Sep 9, 2012

Association Bel Horizon

L’association Bel Horizon d’Oran a publié un livre, Oran, la mémoire, un guide des monuments historiques de la ville, ainsi qu’un CD multimedia, “Mémoires en images”, que Toufik m’a offert à Paris, fin juin.

Je l’avais regardé un peu rapidement à l’époque. Je m’y suis repenché plus sérieusement cet après-midi, à la recherche de petites choses.

Je regarde souvent les films deux fois. La première pour découvrir et la seconde pour ne plus découvrir ; les petites choses me font alors signe.

La première fois que je regarde le CD en juillet, je dévore les informations historiques. Il y a beaucoup de renseignements. Le texte est clair, compréhensible, accessible. C’est parfait. Les photos défilent, je regarde.

CD Bel Horizon verso

Mais je ne crois pas que je vais jusqu’au bout. Ou alors, je survole.

Parce qu’au bout, il y a en point n°12, l’association Bel Horizon.

Et là, subitement, la petite chose me fait signe. A l’intérieur du CD, c’est plus précis : l’association Bel Horizon en 100 photos.

100 photos.

Alors que je ne suis pas intrigué au mois de juillet (je regarde surtout la ville sous toutes ses coutures), je le suis aujourd’hui. Je file directement sur les 100 photos.

Et là, je comprends à quel point l’association sort de nulle part, c’est-à-dire de la décennie noire.

En 2001, l’Algérie s’extrait des ténèbres. Oran se retourne sur elle-même et constate les dégâts.

C’est vraiment la sensation que j’ai quand je regarde les premières photos.

Il y a tout à transmettre.

formations des guides des monuments

formations des guides des monuments

C’est assez touchant : la première année est consacrée à des cours et des sorties pour former les futurs guides. On les voit dans des salles de classe avec des architectes, des historiens, ou des géographes. Ça dépend des jours.

Et puis de temps en temps, ils font des sorties sur le terrain pour voir ce qui leur a été enseigné.

Ça me rappelle la fac. C’était tout à fait ça. Mais je sortais pour observer des cailloux et des petites fleurs.

Visite de terrain au Derb dit quartier juif

Visite de terrain au Derb dit quartier juif

Là, c’est pour sauver une ville du désastre absolu.

10 ans plus tard, Sidi El-Houari est toujours en danger : 60% de la vieille ville est en ruine.

60%, c’est juste énorme.

Mais il y a eu des changements.

Le CD date de 2005, on est en 2012.

L’année dernière, la randonnée de Santa-Cruz rassemblait 15 000 personnes, je crois. Qu’on me corrige si je dis des bêtises.

L’association a vraiment grandi. Elle est presque devenue une institution et récupère des fonds européens pour sauver le centre-ville.

Ça fait des envieux dans le giron des associations. C’est comme ça.

Mais je ne me permettrais pas le moindre commentaire. Bel Horizon est là 10 ans plus tard, en pleine forme me semble-t-il, et sauvegarde ce qui peut être sauvegardé. Aux dernières nouvelles, ils fabriquaient une maquette de la ville, période espagnole, après celle des origines.

Je ne me rappelle plus précisément.

Pour ma part et très égoïstement, j’espère juste qu’ils arriveront à tout tenir à bout de bras jusqu’à mon arrivée, un de ces jours.

Et puis je suis content, ils ont mis des barrières de sécurité tout en haut, à Santa-Cruz. Il n’y avait rien.

Ça laisse songeur.

 

Paul Souleyre.

 

image_groupe_cdha_blog

 

* * *

Et vous, connaissez-vous Bel Horizon ?

 

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* * *

3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est l’association Bel Horizon et l’angle, la manière dont elle a grandi. Un peu comme une université populaire. L’angle estudiantin est toujours intéressant parce qu’il rappelle l’école. Tout le monde s’y retrouve un petit peu

Ecriture : Dans ce genre d’article très informatif, il faut absolument introduire de la subjectivité. Sinon on s’ennuie. Il faut y glisser son ressenti à toutes les phrases.

Transmission : Toutes les époques cherchent à transmettre leur histoire. Chacune le fait à sa manière. Si c’est honnête, c’est respectable.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

5 Comments

  1. L’association “récupère des fonds européens”… Personnellement cela me choque…

  2. Je me suis mal exprimé, j’aurais du mettre “obtient” des subventions de la communauté européenne. Mais je pense que c’est l’idée elle-même qui te choque ? En tant que ville jumelée, Bordeaux a aidé Oran durant cette décennie en envoyant de jeunes architectes. Moi, je trouve que c’est plutôt une bonne chose. Je ne sais pas si tous les pieds-noirs aimeraient que cette ville disparaisse. A ce titre, c’est bien d’aider ceux qui ont pour objectif de faire en sorte que la ville garde une certaine tenue. Bel Horizon fait pas mal de visites pour les groupes pieds-noirs.

  3. Oui, ce n’est pas le verbe “récupérer” qui me choque (même s’il a une mauvaise connotation), c’est l’idée même de “fonds européens”. Comme on dit en espagnol “cornudo y consentido” (cocu et content). Continuer à payer pour une terre de laquelle on a été chassés… Surtout lorsque l’on voit la gabegie de la wilaya d’Oran qui entretient plus de 3000 associations alors que seule une poignée d’entre elles fait quelque chose. Il se serait agi de l’UNESCO, là je n’aurais rien trouvé à y redire.

  4. Je pensais “récupéré” parce que j’étais dans le contexte associatif oranais. Il y a quelques tensions sur cet aspect des choses.

    L’Unesco est de la partie bien sûr. Bordeaux participe aussi à sa manière. Mais il me semble bien qu’il y a des subventions européennes pour la réhabilitation du vieil Oran. Mais je ne veux pas m’avancer davantage. Peut-être que des Bel Horizonnais répondront ici. Je vais me renseigner.

  5. Euh………..le principe de la double peine ? Etre chassés d’une ville mais contribuer 50 ans après à son entretien par nos impôts ? L’entretien d’Oran incombe à la wilaya, donc au FLN, ceux-là mêmes qui ont voulu leur indépendance. Qu’ils assument ce pays qui est le leur en ayant la décence élémentaire de ne pas solliciter “l’ancienne puissance coloniale”… Tiens une proposition ! Tous ces immeubles qui tombent en ruines à Oran… et si les occupants actuels envoyaient la facture des réparations à effectuer aux anciens propriétaires PN qui ont été spoliés de leur bien il y a 50 ans ? En voilà une idée qu’elle est bonne ! C’est exactement la même chose…

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