Memoblog – Oran

Paul Souleyre

L’ancienne préfecture d’Oran et le point zéro de l’ascension sociale

Posted by on Mar 2, 2013

oran place kleber prefecture

Vue sur la place Kléber depuis l’ancienne préfecture (photo : Toufik G. – mai 2010)

J’ai plus vite repéré l’ancienne préfecture que la nouvelle.

Ça vient peut-être de chez mon grand-père maternel.

Il y avait quelques photos d’Oran accrochées aux murs.

Une vue générale d’Oran en noir et blanc depuis Santa-Cruz, une très belle photo en couleur sous verre de la cathédrale d’Oran, et un tableau de la place Kléber que je n’ai pu identifier que ces derniers mois, à partir d’anciennes photos repérées ici et là sur Internet.

Je me doutais que ce tableau représentait une place d’Oran mais je ne savais pas laquelle.

Pourquoi mon grand-père possédait-il ce tableau, d’ailleurs ?

C’est une question que je ne me pose pas encore dans l’article du 10 juillet -parce que les questions mettent parfois du temps avant de se rendre nécessaire- mais c’est une question importante.

Je sais qu’il tenait le tableau d’un ami qui l’avait peint pour lui. Dans le salon, il était accroché sur le mur opposé à celui de la cathédrale, derrière son fauteuil.

La place Kléber était un peu en retrait.

Moins en évidence que la Cathédrale ou la vue de Santa-Cruz.

Et je ne crois pas que c’était pour meubler l’espace. Je pense qu’il y avait un réel attachement à cette partie d’Oran, qui représentait autre chose que sa vie adulte, rue de Mostaganem.

Sur le plateau de Kargentah, c’était la fierté d’une certaine ascension sociale ; place Kléber, c’était plus probablement les origines du petit espagnol, pupille de la nation, élevé par sa mère dans un milieu modeste.

 

Au bas de la niche d'eau verte se trouve la borne du "point zéro". (Photo Abdelbaki Fellouah)

Boulevard Oudinot, au bas de la niche d’eau verte, la borne du “point zéro.” (Photo Abdelbaki Fellouah)

La borne du point zéro ( source : Photos Sydney Serra-Reich sur le site de Jean-Yves Thorrignac)

La borne du “point zéro” au pied de la préfecture (source : Sydney Serra-Reich sur le site de Jean-Yves Thorrignac)

Au pied de l’ancienne préfecture (qui aura bientôt sa maquette) se trouve le “point zéro” de la ville d’Oran.

Toufik : “sur le plan relief (ce qui est important) quand on descend Sidi el Houari, on arrive place Kléber. Place kléber, on est sur le lit du oued r’hi. Cette descente se fait donc sur la rive est du oued. Quand on remonte vers la rive ouest, on commence en fait le début de l’ascension vers le Murdjajo. Au pied ouest de la préfecture tu as cette niche donc, le point zéro, qui se trouve vraiment au début de l’ascension, de façon plus… légendaire, si on veut.”

Je n’avais pas forcément intégré à quel point la place Kléber était en effet le point zéro d’une certaine ascension.

Pour moi, le point zéro, c’était la place de la Perle.

Mais non.

La place de la Perle est profondément espagnole et le restera jusqu’en 1962.

La place Kléber, au fond du ravin, était française dans l’âme, avec la place de la République et son kiosque dans le prolongement, bien visibles sur la photo.

Elle ne demandait qu’à monter sur le plateau de Kargentah.

Mon grand-père aussi.

Au fond du ravin, il avait le choix entre grimper côté ouest pour rejoindre la place de la Perle et conserver ses origines espagnoles, ou grimper côté est pour rejoindre Kargentah et prendre la route des valeurs de la République.

Pour lui, c’était bien le point zéro, le point de départ d’une ascension sociale qui a trouvé son terme en 1962.

Il avait 46 ans.

Il est retourné en France mais n’a plus jamais travaillé pour elle.

Il parlait de ses origines catalanes avec fierté.

Si c’était à refaire, je ne sais pas s’il grimperait toujours vers l’est.

 

Paul Souleyre.

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Connaissiez-vous le point zéro de la Préfecture ?

 

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3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est la place Kléber et l’angle celui de la croyance dans les valeurs de la République du temps de l’Algérie Française. C’était une époque de valeurs, partagées aussi par les français de Métropole, tout le monde en est revenu. Les Français d’Algérie en bateau, un peu plus tôt que les autres. L’individu peut-il confier son émancipation à une nation ? J’ai ma réponse. Chacun se forgera la sienne. Mais c’est un sujet qui ne laissera jamais personne indifférent. Donc à évoquer de temps en temps.

Ecriture : Texte simple scindé autour de deux images du point zéro. Le sens du texte débute à partir du point zéro. La forme et le fond. Pas toujours simple.

Transmission : Peut-être ce genre de mauvaise expérience transmet-il  aux générations suivantes une certaine forme de méfiance à l’égard des institutions nationales.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

3 Comments

  1. En discutons avec un agent de sécurité au niveau de l'ancienne préfecture, il m'a dit qu'elle va être restaurée et servir a un musée maritime.

  2. Voilà une excellente initiative ! 😉

  3. Bn jour pour la restaurerait c bon en est au point je travaille avec eux ce son des espagnole qui vont la renouvlé j’espère qelle être bien restauré et vont la rondre un musse maritime

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