Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Alicante de l’autre côté de la mer

Posted by on Août 23, 2012

Alicante aussi

Alicante aussi

Ces derniers jours, Alicante est revenue à moi de manière assez inattendue.

Par la Vierge de Santa-Cruz, par ma mère, par la soeur de mon père et par Juan Ramon Roca.

Commençons par la Vierge, ce sera le plus simple.

C’était lundi dernier, j’évoquais le voyage de La “Petite Murillo” à Alicante en 1968. Je me suis alors vaguement rappelé que la ville avait fait son apparition dans mes souvenirs les jours précédents mais je n’arrivais plus à savoir sous quelle forme.

Et puis je me suis souvenu de Juan Ramon Roca… et de ma déception.

Histoire de ne pas parler pendant trois heures, je fais directement le lien sur l’article de JC Pillon qui donne l’essentiel de ce qu’il faut savoir.

J’étais tout content d’avoir trouvé un livre inconnu, venu d’ailleurs, mais racontant la même histoire que celle des mes ancêtres. J’étais encore plus content de voir qu’il en existait une version française, parce que si je baragouine un peu l’espagnol, je le lis très mal.

J’arrive même à trouver la librairie espagnole par laquelle je peux le commander sur Internet. J’envoie un mail en espagnol (pas peu fier !) et j’attends le retour.

Je n’ai pas attendu très longtemps. A peu près 18 secondes.

La Petite Murillo à Alicante (site JC Pillon)

La Petite Murillo à Alicante (site JC Pillon)

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Je déteste cette prose profondément humiliante : raices@telefonica.net n’existe plus, allez voir ailleurs si vous pouvez trouver votre livre. Signé Google.

C’était déjà un miracle que je le trouve dans cette librairie espagnole. J’ai laissé tomber. Tant pis.

Mais c’est dommage parce que je sentais qu’il y avait une communauté de destins et j’avais envie de découvrir comment les espagnols avaient vécu la chose. Ce sera pour une autre fois.

*

 

Je me pose avec un café, et je finis par me demander pourquoi j’ai tant fantasmé sur Alicante pendant une demi-heure, à la recherche du livre de Juan Ramon Roca.

Ce n’est pas normal. Il y a là aussi quelque chose qui se joue. Que signifie pour moi Alicante ?

Je revois alors la lettre de ma mère. Celle que j’ai publiée il y a une quinzaine de jours et où elle raconte son départ pour Oran, en avion. Elle passe les Pyrénées, puis survole l’Espagne.

Et elle remarque à quel point Alicante est particulièrement bien visible.

Ce que je ne comprends pas alors (et que je comprends seulement maintenant, en l’écrivant, d’où l’importance de l’écriture) c’est qu’en survolant Alicante, elle vient d’entrer dans la région d’Oran. Si elle éprouve le besoin de dire “on voit particulièrement bien Alicante” c’est qu’Alicante fait partie d’Oran. Elle ne dit pas on voit particulièrement bien Saragosse. Ça n’aurait aucun sens. Elle dit à ses parents, “j’arrive bientôt, je suis à Alicante” .

Alicante : l’Oran espagnole

Je ne crois pas exagérer en intercalant ce titre. Alicante était oranaise. Oran était d’Alicante. C’est écrit sur cette page :

Alicante le 24 juin 1933 : "reine" oranaise aux arènes

L´ “Ipanéma” a ainsi déversé de nombreux touristes de descendance espagnole, de seconde ou même de troisième génération d’émigrés, issus des provinces de Valence, Alicante, Murcie et Alméria.

Au départ d´Oran, ces nouveaux français manifestaient leur désir de connaître enfin leur terre d’origine, et ce voyage fournit l’occasion d’aller faire un semblant de pèlerinage du côté du village de leurs aïeux.

Ainsi les agglomérations les plus proches comme Denia, Callosa de Ensarriá, La Nucía, Aspe, Monforte del Cid, Santa Pola, Orihuela, etc, pourront faire l’objet de visites aussi brèves qu’émouvantes, indépendemment du résultat obtenu dans les recherches d’un nom de famille, d’un quartier, d’une rue ou d’une maison qui n’a peut-être pas survécu.”

Yvonne Blain (reine d'Oran 1936)

Yvonne Blain (reine d’Oran 1936)

Ces traditions de “jumelages” ont l’air d’avoir cessé en 1936. Elles ont repris en 2007 :

Tradition et beaucoup d’attentes. Le feu place de la Galice a pris hier un aspect de distinction lors des célébrations des Hogueras avec la reprise du défilé de la délégation d’Oran.

La présence du comité Algérien à l’offrande de fleurs a marqué le retour d’un acte signalé dans le calendrier des fêtes qui pour la première fois depuis 46 années est revenu faire partie des festivités de la ville.

Des centaines d’habitants d’Alicante ont assisté hier à ce défilé qui est parti depuis l’avenue Alfonso El Sabio jusqu’à la Cathédrale de San Nicolas pour y apporter son offrande particulière.

Carmela Ramos (Bellea del Foc - Oran 1936)

Carmela Ramos (Bellea del Foc – Oran 1936)

Avec cet acte Alicante a repris hier les relations étroites qui l’ont liée pendant des années avec la ville nord-africaine d’Oran dans la célébration de ses festivités traditionnelles.

La soeur de mon père habite en Bretagne depuis les années 70. Je me rappelle très bien qu’au mois d’août, pendant bien 30 ans, elle n’avait qu’une idée en tête, descendre à Alicante pour y passer un mois. Elle disait toujours, là-bas, je suis sûre qu’il fera beau. C’est les vacances, je veux un endroit où il fait beau. Je pensais que c’était à cause de la Bretagne réputée pour ses précipitations.

30 ans plus tard. Je me pose quelques questions…

Pourquoi ce besoin absolu de passer tous les ans un mois à Alicante ?

Pour le beau temps ?

Tout à coup, j’ai comme un doute.

 

Paul Souleyre.

 

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 * * *

Et vous,  avez-vous besoin tous les ans de retourner un mois à Alicante parce qu’il fait toujours beau là-bas ?

 

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* * *

3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est Alicante et l’angle, la gémellité que la ville entretient avec Oran. Toujours chercher les doubles et les alter ego. Angle en miroir forcément intéressant.

Ecriture : Exemple typique d’un article qui se cherche. Surtout, bien mettre en évidence la recherche. C’est le plus intéressant, quel que soit le sujet. Et c’est ce qui rend le sujet intéressant… 

Transmission : Beaucoup de transmissions très différentes. Je ne ferai ressortir qu’une seule chose : les voyages (inconscients ? conscients ?) de ma tante à Alicante. La transmission est bien souvent inconsciente parce que les gens qui la portent ne sont pas conscient de la totalité de ce qu’ils portent, malheureusement.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

7 Comments

  1. ou je retrouve mon grand père en voyage chez ses cousins.

  2. ALICANTE OU MA MERE A RETROUVE JADIS SON ONCLE DEPUIS NOUS PASSONS NOS VACANCES .

  3. Alicante était oranaise. Oran était d’Alicante… Alicante fait partie d’Oran. Une preuve en+ : le front de mer d'Oran : Tous ses immeubles ont le chiffre paire… les chiffres impaires sont de l'autre côté, en face, à alicante!

  4. toute cette côte du "lévanté" espagnol était proche d'oran de mélilla de tétouan, ma mère en parlait comme si c'était le prolongement d'oran, comme si la mer avait été un fleuve, nous étions au courant de tout ce qui se passait là-bas, toujours à l'écoute par les ondes, reliés par un cordon ombilical à cette patrie qui nous avait largués, comme des enfants émancipés, sur une terre proche avec une promesse de retrouvailles affectueuses et un risque éventuel de non retour…

  5. Jina mal oran tal alicante fi botiii w normal

  6. Non, à Carthagène ! Mais ce n'est pas très loin… 😉

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