Memoblog – Oran

Paul Souleyre

Alexandre Arcady visite Oran

Posted by on Sep 12, 2012

alexandre arcady

Alexandre Arcady à Oran

J’irai peut-être voir à quoi ressemble Oran sous les lumières du cinéaste Alexandre Arcady mais ce n’est pas gagné, parce que je le sens vraiment très mal.

J’aime Le Coup de Sirocco (peut-être parce qu’il est lié à mon enfance et qu’il possède une certaine forme de dépouillement) mais je ne sens pas du tout les deux acteurs qui se retrouvent dans “Ce que le jour doit à la nuit” , le film tiré du livre de Yasmina Khadra dont j’ai déjà parlé.

La scène qui se trouve là-dessous est juste impossible.

Même à l’époque, elle est impossible. Personne n’a jamais parlé comme ça à qui que ce soit dans un café, parce que personne n’est aussi bête que ça dans la vraie vie.

Dans la vraie vie, on est bête, mais pas de cette manière.

On dit des tas d’âneries, on est timide, flambeur, normal, tout ce qu’on voudra, mais on n’est pas aussi faux que ça.

C’est impossible.

Quant à la bande annonce, je n’ose même pas la mettre.

Alors que va-t-il arriver à Oran, demain, sur le grand écran du Megarama ?

La même chose qu’à cette scène de coup de foudre : elle sonnera faux.

Ce n’est pas bien grave, je suis prévenu ; j’irai m’asseoir en sachant à quoi m’attendre, et je regarderai la mer, la montagne et les rues derrière les personnages.

Parce que sur ce plan-là, ce sera forcément intéressant.

Quand je regarde ne serait-ce que trois minutes des repérages du film, je suis obnubilé par le kiosque de la République, les lions de l’Hôtel de ville ou la Montagne de Santa-Cruz.

Et aussi par le Front de mer, le port, les maisons délabrées, le minaret octogonal de la Mosquée du Pacha, les arbres, les petites fleurs et les oiseaux.

Image de prévisualisation YouTube

J’aime quand c’est vrai ou raconté de manière vraisemblable.

Soit les photos d’avant, soit celles de maintenant, soit un bon cinéaste.

Mais de l’entre-deux qui n’existe pas, et qui de surcroît, raconte les choses n’importe comment, je crains le pire.

Seulement Yasmina Khadra avait donné sa parole à Alexandre Arcady…

A mon avis, Yasmina Khadra n’est pas près de refiler son prochain chef-d’oeuvre à Arcady…

Son livre, c’est quand même autre chose.

Et je le conseille.

 

Paul Souleyre.

 

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* * *

Et vous, aimez-vous les films d’Alexandre Arcady ?

 

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3 Conseils d’écriture tirés de l’article

Blogging : Un blog est à la fois général et particulier. Le sujet est commun ; l’angle est personnel. Le sujet est le nouveau film d’Alexandre Arcady qui se passe à Oran et l’angle, celui de la réalité sensible perçue à travers les images filmées. Un article d’actualité est intéressant… un certain temps. Donc toujours inscrire cette actualité dans un contexte plus général. Sinon l’article est vite périmé.

Ecriture : Article court et texte souvent entrecoupé de médias. Le dosage toujours difficile. Ne jamais se servir d’un média comme illustration mais toujours comme support sur lequel l’attention doit se fixer avec un but précis. Dans le premier extrait par exemple, le lecteur va chercher où se trouve “la bêtise” . Là, ce n’est pas trop difficile, elle est partout 😉

Transmission : Exemple de transmission ratée… Donc il n’y a pas transmission.

NB : N’hésitez pas à laisser des commentaires aussi bien sur l’article que sur les conseils d’écriture. Et si vos petits doigts commencent à fourmiller, c’est que vous avez envie de passer à l’action. C’est peut-être le moment pour vous d’aller faire un tour du côté de la page 350 mots.

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commentaires

3 Comments

  1. Pour répondre à la question, je n’aime pas Alexandre Arcady (ou peut-être plus exactement ses films) car il a largement contribué à véhiculer en France une image caricaturale des Pieds-Noirs, au même titre qu’un Roger Hanin par exemple. Le Coup de Sirocco est bourré de clichés, comme l’incontournable famille de colons, les Labrouche. Et que dire de l’oncle de Georgeo, cet ancien de l’OAS totalement disjoncté, hâbleur, au comportement d’un grotesque absolu. Cette façon de ridiculiser ceux qui étaient, quoi qu’on en pense, de véritables combattants est totalement indigne. Mais cela correspond bien au parti pris d’un réalisateur qui, il y a 40 ans, jouait dans Avoir 20 ans dans les Aurès… totalement inconcevable pour un PN !

  2. Je suis entièrement d’accord avec toi sur le Coup de Sirocco. Et pourtant, j’aime beaucoup ce film parce qu’il y a une très grande humanité qui sonne très juste. Mais il y a aussi des acteurs qui tiennent la route, même s’ils ont pris le parti d’accentuer le trait. Je n’aime d’ailleurs pas la partie en Algérie mais j’aime beaucoup la partie en France, à Paris. Même s’il y a aussi des clichés. J’aime notamment la scène où la mère (Marthe Villalonga) reconnaît Jacob au spectacle et crie Jacoooooooooooooooooooooooob !!! Il y a là un cri plus profond qu’il n’y parait.

  3. Je l’ai vu une bonne dizaine de fois, et probablement bien plus, ce sont les débuts de mon “éducation PN” puisque mon père nous avait emmenés mon frère et moi au cinéma à sa sortie. La partie en France est celle où je trouve les scènes les plus touchantes ; je pense que c’est normal, comme toi, puisque c’est cette partie qui nous “concerne”. Une scène que je trouve hilarante c’est quand le couple Narboni visite un appartement et que Marthe Villalonga voit passer un cercueil par la fenêtre. Elle refuse la location et explique à Roger Hanin qu’elle ne veut pas rester dans cet immeuble où un jour elle verra passer le cercueil de son mari par une fenêtre. Et Roger Hanin de répondre : “Pourquoi moi le premier ?”. La scène la plus forte à mon sens se situe dans le hall de la gare, à l’arrivée à Paris, quand un passager voyant Marthe Villalonga, épuisée sur une marche, lui donne une pièce. Elle se lève et hurle tout son ressentiment à l’égard des Français… Un contrôleur rassure un passager en lui disant : “C’est rien, c’est les bicots”… Curieusement le DVD que j’ai acheté il y a quelques années est difficile à se procurer et cher (environ 40/45 euros).

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