
« Le Familia », cinéma du quartier de la Marine à Oran. (source Le coin de Georges Vieville sur Oran des années 50)
Il y a des photographies qui donnent envie d’écrire. Continue reading


« Le Familia », cinéma du quartier de la Marine à Oran. (source Le coin de Georges Vieville sur Oran des années 50)
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Je n’avais qu’une seule crainte en me rendant à Nîmes : Moi.
Comment serai-je une fois là-bas ?
J’avais confiance, parce que je savais que je serais bien accueilli, mais je doutais de moi.
On peut passer sa journée à sourire tout en étant malade de l’intérieur, je l’ai déjà expérimenté de nombreuses fois, je pouvais très bien le refaire ici.
Et tout aurait été remis en cause.
Serai-je vraiment capable d’éprouver du plaisir dans ce lieu de souvenirs, moi qui n’en ai aucun, et qui fantasme sur tout ? Ou regarderai-je le spectacle comme le font ces personnes accoudées au balcon, depuis leurs immeubles du Mas de Mingue, en étrangers perplexes devant une manifestation incompréhensible ?

Prosper Chetrit, dit Hajj Massoud, dernier juif d’Oran (crédit photo M. Arrif et K. Dirèche)
Il y a une date importante à Oran : 1927
En tout cas dans le monde juif.
Et encore, est-ce dans mon petit monde imaginaire à moi, celui dans lequel se trouvent deux personnages absolument incontournables : Monsieur Chouchani et Prosper Chetrit, dit Hajj Massoud, dernier juif d’Oran.
Monsieur Chouchani était un génie probablement né en Lituanie à la fin du XIXème siècle (il adorait les raisins secs et les amandes, c’est un des seuls indices permettant d’identifier ses origines) qui connaissait la Torah par cœur à trois ans, et tout le reste (Talmud, commentaires, et commentaires des commentaires) à cinq.

Se procurer le livre de Gilles Clément : le Jardin en mouvement
Gilles Clément a fait un passage à Oran.
Dans les années 50 et en 2011.
En 1950, le père négociant en vins installe sa petite famille en Algérie. Lors d’un retour dans la métropole pour Noël, le petit Gilles Clément, âgé de 9 ans, est oublié à Oran par ses parents.
«J’ai pris le car puis le bateau seul jusqu’à Marseille. On avait tendu des bâches à travers le pont. Je trouvais la tempête belle. J’ai failli me faire emporter par une lame mais une main m’a rattrapé par le col» (Libération – Entretien du 22 novembre 1997)
Ça n’a pas eu l’air de beaucoup le stresser.
M. Marcotte de Quivières se plaint :
Oran ressemble à une araignée sans corps.
C’est Eugène Cruck qui l’écrit dans son livre « Oran et les témoins de son passé », un vieil ouvrage d’un peu plus de 300 pages dans lequel il parcourt de manière assez libre le patrimoine d’Oran tel qu’on le découvre dans les années 50.
Sauf qu’à la fin du livre, il s’intéresse à des personnages qui ont traversé le vieil Oran, et notamment celui du XIXème siècle.

La petite baigneuse – Intérieur de harem – 1828 (Ingres) © Photo RMN-Grand Palais – R. G. Ojeda
C’est peut-être l’occasion de parler des Bains Turcs.
Puisque c’est le mois du patrimoine.
L’association Santé Sidi el Houari fait sa promotion. C’est une association que je connais peu même si elle est connue de tous. On a du mal à trouver une plaquette ou une page web qui détaille ce qu’elle fait, il faut aller sur Facebook.
Parce qu’ailleurs, on a droit à trois paragraphes qui expliquent d’où proviennent les Bains Turcs, accompagnés de quelques mots sur le projet de l’association.
Il est rare que je tombe sur des informations précises :
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